Les affiches placardées sur les murs de la capitale vaudoise n’ont échappé à personne : « L’ouvrier boit du rouge vaudois, le patron aussi. »

« Certains m’insultent. Excellent ! Au moins ça leur donne de l’énergie. Je n’ai pas peur des conflits. J’ai toujours dérangé. Et c’est excellent pour la santé des Vins Vaudois ! Lorsqu’on m’a offert la présidence, cela m’a flatté. On m’avait dit que ma mission consistait à trois ou quatre séances par année. Aujourd’hui, je travaille à mi-temps ! Avec une équipe fantastique. Quand on n’a pas d’idées, pas de risque d’avoir du travail. » lâche Pierre Keller.

C’est ça l’esprit Keller. A 72 ans, Pierre Keller est toujours un jeune homme. Prêt à s’enthousiasmer, se révolter, aimer ou détester.

Et ce soir de novembre, Pierre est heureux.  « Je suis extrêmement content. L’ECAL a été classée la 5ème meilleure école du monde ! » Est-ce utile de rappeler que Pierre Keller a fondé l’ECAL ? « Être la 5ème meilleure école du monde, veut dire que j’ai bien travaillé et mon successeur aussi. » s’enthousiasme le jeune homme de 72 ans.

Pierre Keller a peut-être quitté l’ECAL mais il n’a pas quitté la jeunesse avec laquelle il aime tant travailler. « J’ai toujours travaillé avec des jeunes. Les vieux, ça me perturbe. Les jeunes, eux, me donnent de l’énergie ! Les jeunes voient les choses différemment, je suis attentif à leur fonctionnement intellectuel ». Et Pierre de relever. J’aime beaucoup ce qu’a dit Peter Brabeck lors d’une interview : « Un jour sans rien apprendre est un jour perdu».

Le président des vins vaudois a toujours sa valise à la main. « J’ai voyagé toute ma vie. C’est une drogue ! Pas question de m’encroûter dans ce beau pays de Vaud. J’ai réuni voyages et travail artistique. Mon travail est mon plaisir ! On m’a laissé tout faire. Les autorités avaient peur de moi. Je les ai toujours incitées à entrer dans des projets porteurs.  J’ai la chance de choisir des travaux qui m’ont plu. J’ai mis originalité et créativité au service de ce canton.

Il revient de Singapour, de Tokyo et repart au Mexique, à Miami … Et on ne sait où encore. Mais quand souffle-t-il un peu ? « Je ferai une petite thalasso pour Noël. » confie-t-il en riant.

Mais d’où vient cette énergie exceptionnelle? Je ne suis pas ramolli. Le chasselas me donne du punch. Plus je vis de stress, plus j’ai d’énergie ! La seule chose que je déteste lors de mes incessants voyages, c’est de traîner ma valise dans les aéroports ! Dans l’avion, je suis bien, je mange, je bois, on s’occupe de moi. Je finirai hôtesse de l’air ou maître de cabine ! Mais toujours avec Swiss. Je suis extrêmement fidèle. Je travaille exclusivement avec les gens que j’aime. » Pour Pierre Keller, pas de doute, tout passe par l’amour…