Jean Ellgass, dites-nous ce qu’implique un management culturel à échelle internationale ?

J’ai quitté le monde des médias pour rejoindre la direction exécutive du Béjart Ballet Lausanne (BBL) après 30 ans d’activité dans la presse écrite. Des responsabilités à connotation entrepreneuriale. Aujourd’hui, je coiffe une structure incarnée par Gil Roman (40 danseurs et près de 30 personnels artistiques, techniques et administratifs). Avec un but : que chacun puisse exprimer le meilleur de lui-même dans son domaine pour permettre au Béjart Ballet Lausanne de poursuivre sa route! C’est le sens de mon travail.

Comment est organisée la direction du Béjart Ballet Lausanne ?

Il y a la direction  artistique  assurée par Gil Roman, la  direction administrative financière par Régina Zahlen et un directeur de production chargé de «vendre» le Béjart Ballet Lausanne aux théâtres à travers le monde, Richard Perron. En tant que directeur exécutif, je suis responsable des RH, de la coordination des services, de la presse-communication et du marketing.

Vous développez un projet de réaménagement immobilier assez important ?

Oui, nous avons imaginé la modernisation de nos locaux, un réaménagement des surfaces que nous occupons qui doit nous permettre de travailler dans des conditions optimales et plus confortables. Une partie du bâtiment n’a jamais été terminée depuis 30 ans et le Presbytère 12 qui nous accueille a besoin d’une sérieuse remise en état. Nous espérons pouvoir bénéficier de ce réaménagement en 2017, année symbolique puisque la compagnie fêtera les 30 ans de sa création et honorera les 10 ans de la disparition de Maurice Béjart.  Nous aurions enfin un centre à la hauteur de nos ambitions, avec des zones de confort pour les danseurs qui aujourd’hui n’en ont aucune, un lieu qui serve aussi nos intérêts et la recherche de fonds auquel nous sommes astreints grâce notamment à l’installation d’un gradin télescopique de 140 places qui nous permettra la présentation d’ateliers lors d’événement spéciaux. Il faut savoir que nous sommes la seule institution culturelle lausannoise à ne pas bénéficier de salle de spectacle permettant la présentation du fruit de ses recherches.

A combien est estimé le coût de ces travaux ?

Le montant est aujourd’hui d’environ 5,5 millions de francs. Le BBL devrait y contribuer pour un peu plus de 2,5 millions, le reste étant apporté par le propriétaire, la Fondation de Beaulieu qui se révèle être un partenaire exemplaire dans cette aventure. Nous pouvons déjà compter sur le généreux soutien de la Fondation Famille Sandoz, de la Loterie romande, de la Fondation Maurice Béjart, du Centre patronal vaudois, et du Fond intercommunal de soutien aux institutions culturelles de la région lausannoise. Mais je n’ai pas encore terminé mon tour de table.