On connait daniel rossellat à la tête du Paleo festival et syndic de Nyon, mais qui est l’homme ?

 

Il avoue être en questionnement constant parcequ’ il sait que le succès n’est pas fidèle. L’homme pudique et authentique cache des blessures de vie qui le rendent plus fort ; plus beau. Il dira que ce sont des épreuves liées aux décès ou à des naissances qui ont bouleversés sa vie. On n’en saura pas plus…

Paleo est une aventure fantastique mais Daniel Rossellat ne cache pas qu’il faut être attentif, toujours en recherche et en remise en question permanente. On ne doit jamais baisser la garde. Selon lui, le succès est une chance qu’il faut soigner au quotidien.

Daniel a développé une belle force intérieure. Déjà petit, il n’acceptait pas un premier refus, il revenait systématiquement à la charge. Cela a créé quelques soucis à ses parents dans le cadre de l’école. « Cette persévérance m’a souvent servi par la suite; pour convaincre des artistes, des banquiers, les autorités. Quand on me dit : « oui, mais… » , je ne me laisse pas démonter. En revanche, si le non est définitif, je ne suis pas un mauvais perdant. Je n’utilise pas d’énergie à enrager et à refaire l’histoire » confie l’homme.

Daniel Rossellat est l’ainé d’une fratrie de quatre.  Il a été élevé dans des conditions modestes à Changins, près du Château et repense souvent à son grand-père fermier qui exploitait les terres des autres. Jamais les siennes. « Injuste et frustrant ! » s’insurge-t-il. Daniel prône une approche paysanne et  pragmatique qui l’a beaucoup aidé. « J’ai toujours pensé que le succès était provisoire. L’échec, quant à lui, nous donne la possibilité de faire mieux».

La force d’entreprendre n’est-elle pas liée à une forme d’égo ? « Il faut un peu d’égo mais il faut savoir le doser. Sans égo, on ne peut pas s’aventurer dans de grands projets. C’est nécessaire pour réussir. Et difficile d’être heureux, sans être un peu égoïste.  Un bon équilibre est nécessaire pour ne pas empoisonner la vie des autres » confie le patron.

Et l’affectif , quel rôle joue-t-il ? « Beaucoup de choix sont liés à l’affectif et cela vaut mieux que des études de marché. Il faut laisser une place à l’intuition et dans le choix des spectacles cela joue un rôle important. Quand on est dans l’émotion, on peut mieux transmettre son enthousiasme et partager ». Et dans la vie ? L’homme dit ne pas être démonstratif mais cela ne l’empêche pas de ressentir, de vibrer, de savourer le sentiment. D’être plus léger.

 

Daniel Rossellat avoue quelques peurs. Pour lui, le Festival reste fragile. Une manifestation en plein air, la foule, l’environnement qui s’urbanise, il y a beaucoup de risques. « On y travaille, on reste très attentif en sachant que le pire n’est pas si sûr Ce que j’ai vécu, le chemin parcouru me permet de transformer les échecs en opportunités et de canaliser ces énergies dans d’autres directions en visant les chances à venir. Je me crois capable aujourd’hui de tourner la page et de ne pas m’accrocher à quelque chose voué à l’échec ».