
En résumé :
- Fuyez la décoration standardisée en vous tournant vers les expositions de diplômes des écoles d’art suisses (ECAL, HEAD) pour des œuvres originales et abordables.
- Apprenez à composer avec l’espace de votre intérieur, en choisissant entre des œuvres en surface (peinture, photo) ou en volume (sculpture) pour maximiser leur impact.
- Protégez votre investissement en comprenant les risques (lumière UV) et en choisissant une assurance spécialisée pour les objets d’art, souvent non couverte par l’assurance ménage classique.
- Fréquentez les vernissages des *project spaces* et des galeries émergentes ; c’est le meilleur moyen de rencontrer les artistes et de découvrir des talents avant tout le monde.
Vous en avez assez de cet intérieur qui ressemble à une page de catalogue Pfister ou IKEA ? Cette envie de murs qui racontent une histoire, la vôtre, et non celle d’une production de masse, est le premier pas du collectionneur. L’idée de posséder de « l’art » peut sembler intimidante, réservée à une élite capable de déchiffrer des concepts abscons et de signer des chèques à cinq zéros. On pense immédiatement aux galeries prestigieuses de Zurich ou Genève, dont le seuil peut paraître infranchissable. On se rabat alors sur des posters ou des reproductions, une solution facile mais qui laisse un goût d’inachevé.
Pourtant, une voie existe, bien plus passionnante et accessible. Et si la clé pour construire une collection personnelle et authentique n’était pas de regarder vers le sommet du marché de l’art, mais à sa base la plus fertile ? La véritable opportunité réside dans l’écosystème où l’art naît : les écoles, les ateliers, les espaces d’exposition alternatifs. C’est là que se trouvent les artistes suisses émergents, dont le talent n’attend qu’à être découvert. Soutenir un artiste au début de sa carrière, ce n’est pas seulement acheter une œuvre ; c’est participer à une aventure, acquérir une pièce chargée d’une histoire qui ne fait que commencer.
Cet article n’est pas une liste de galeries. C’est un guide d’initié. Nous allons vous montrer où regarder, comment choisir et comment protéger ces trésors. Nous explorerons les secrets pour faire des acquisitions intelligentes, transformer un simple recoin en un espace d’exposition personnel et intégrer ce monde fascinant des vernissages sans être un VIP. Préparez-vous à changer votre regard sur l’art et sur votre propre intérieur.
Pour naviguer à travers les différentes facettes de cette aventure, ce guide est structuré pour vous accompagner pas à pas. Voici les étapes clés qui transformeront votre curiosité en une véritable collection.
Sommaire : Créer sa première collection d’art suisse : mode d’emploi
- Pourquoi acheter une œuvre de diplôme d’une école d’art (ECAL/HEAD) est un pari intelligent ?
- Comment créer un « Cabinet de Curiosités » moderne sur une étagère sans effet fouillis ?
- Volume ou surface : quel type d’œuvre choisir pour donner du caractère à une entrée étroite ?
- L’erreur de placer une aquarelle face à une baie vitrée qui efface les couleurs en 2 ans
- Problème de casse : comment assurer vos objets d’art hors de l’assurance ménage standard ?
- Comment distinguer le vrai cuir marocain du synthétique importé en 3 secondes ?
- Comment repérer les galeries qui cherchent à attirer un nouveau public jeune ?
- Comment se faire inviter aux vernissages et avant-premières sans être VIP ?
Pourquoi acheter une œuvre de diplôme d’une école d’art (ECAL/HEAD) est un pari intelligent ?
Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur l’achat d’art. La meilleure porte d’entrée, et la plus excitante, se trouve dans les couloirs des plus prestigieuses écoles d’art de Suisse, comme l’ECAL à Lausanne ou la HEAD à Genève. Chaque année, leurs expositions de diplômes sont une pépinière de talents bruts. Acheter une œuvre à ce moment précis est un pari intelligent pour plusieurs raisons. D’abord, l’accessibilité : les prix sont sans commune mesure avec ceux des galeries. Il n’est pas rare de trouver des pièces exceptionnelles pour des montants qui restent abordables. Par exemple, de nombreux prix décernés aux diplômés s’échelonnent entre CHF 1’000 à 5’000, donnant une première cote à des artistes prometteurs.
Ensuite, c’est un investissement sur l’avenir. Vous acquérez le travail d’un artiste à un moment charnière de sa carrière, avant que sa cote n’explose potentiellement. C’est l’occasion de posséder une pièce « historique » de son parcours. Le potentiel est réel : de nombreux artistes suisses aujourd’hui reconnus ont été repérés lors de ces événements. C’est le cas de Julian Charrière, qui après avoir reçu le Prix culturel Manor en 2015, a vu sa carrière décoller avec une première grande exposition muséale à Lausanne, comme le rapportait la RTS à l’époque. C’est la preuve qu’un talent repéré tôt peut connaître une trajectoire fulgurante.
Enfin, c’est une démarche profondément gratifiante. Vous ne faites pas qu’acheter un objet, vous apportez un soutien crucial à un créateur au moment où il en a le plus besoin, lui donnant les moyens et la confiance pour lancer sa carrière. C’est un acte qui a du sens et qui vous connecte directement à la scène artistique locale.
Votre plan d’action pour les expositions de diplômes
- Repérer les dates : Surveillez les sites web de l’ECAL, de la HEAD et d’autres hautes écoles d’art en Suisse pour les dates des expositions de diplômes (généralement en juin/juillet et septembre).
- Identifier les sections : Ne vous dispersez pas. Ciblez les départements qui correspondent à vos goûts : Arts Visuels pour la peinture ou la sculpture, Design Industriel pour les objets, Photographie, ou même Media & Interaction Design pour des œuvres numériques.
- Noter les lauréats : Pendant votre visite, repérez les œuvres primées. Des prix comme le Prix La Mobilière sont des indicateurs forts de reconnaissance institutionnelle et de potentiel.
- Observer et ressentir : Fiez-vous à votre intuition. Cherchez les projets qui démontrent une sensibilité unique, une maîtrise technique ou une idée forte, même s’ils ne sont pas les plus spectaculaires.
- Oser le contact : Les artistes sont souvent présents et ravis de parler de leur travail. Engager la conversation est le meilleur moyen de comprendre la démarche derrière l’œuvre et de créer un lien.
Comment créer un « Cabinet de Curiosités » moderne sur une étagère sans effet fouillis ?
Une fois vos premières pièces acquises, la question de leur présentation se pose. Loin de l’accumulation désordonnée, le « Cabinet de Curiosités » moderne est un art de la composition. Il ne s’agit pas de tout montrer, mais de créer un dialogue visuel entre des objets hétéroclites sur un espace défini, comme une étagère. Le secret pour éviter l’effet « fouillis » est de penser comme un curateur : chaque objet doit avoir sa place et sa raison d’être. L’objectif est de créer une narration silencieuse, une micro-exposition personnelle qui évolue au gré de vos découvertes.
La première règle est de jouer sur les contrastes de matières, de formes et de hauteurs. Associez une céramique brute à un objet en métal poli, une petite photographie encadrée à une sculpture organique. Utilisez des socles ou des piles de livres pour créer différents niveaux et donner à chaque pièce l’espace nécessaire pour respirer. L’étagère, qu’elle soit un système modulaire comme un USM Haller ou une simple planche de bois brut, devient une scène où vos trésors interagissent. N’ayez pas peur du vide : l’espace négatif est aussi important que les objets eux-mêmes, car il guide le regard et met en valeur chaque élément.
Ce paragraphe introduit le concept de composition visuelle sur une étagère. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses composants principaux. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Comme vous pouvez le constater, cet agencement crée un rythme visuel. Les œuvres ne sont pas simplement posées, elles sont mises en scène. La lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, joue un rôle crucial en sculptant les formes et en créant des ombres qui animent la composition. Votre cabinet de curiosités devient ainsi une œuvre d’art en soi, un paysage changeant qui reflète votre personnalité et votre parcours de collectionneur.
Les artistes émergents continuent de transformer la perception de l’espace, du paysage et de la nature, avec une force qui traverse les murs des musées et des galeries.
– Art et Culture Suisse, Artistes peintres contemporains suisses
Volume ou surface : quel type d’œuvre choisir pour donner du caractère à une entrée étroite ?
L’entrée est la première impression que l’on donne de son intérieur. Dans un espace souvent étroit et fonctionnel, l’art a le pouvoir de le transformer radicalement. Mais le choix du type d’œuvre est stratégique. Faut-il opter pour une œuvre en surface (peinture, photographie, dessin) ou une œuvre en volume (petite sculpture, installation murale) ? La réponse dépend de l’effet recherché et des contraintes de l’espace. Une œuvre en surface, surtout si elle est de format vertical, aura tendance à accentuer la hauteur sous plafond et à donner une sensation d’espace sans empiéter sur la zone de passage.
À l’inverse, une œuvre en volume, comme une sculpture murale ou un mobile, introduit une dimension physique et dynamique. Elle capte la lumière différemment tout au long de la journée, créant des jeux d’ombres changeants qui animent le mur. C’est un choix plus audacieux qui donne immédiatement du caractère et de la profondeur à une entrée impersonnelle. Cependant, il faut être vigilant à sa projection dans l’espace pour ne pas gêner la circulation. Le choix n’est donc pas seulement esthétique, il est architectural.
Pour vous aider à prendre la bonne décision pour votre espace, voici une analyse comparative des deux options, en tenant compte des spécificités du marché suisse.
| Critère | Œuvre en surface | Œuvre en volume |
|---|---|---|
| Espace requis | Minimal (épaisseur du cadre) | Variable selon la projection |
| Impact visuel | Accentue la hauteur (format vertical) | Crée des jeux d’ombres dynamiques |
| Entretien | Simple dépoussiérage | Nettoyage plus complexe |
| Éclairage nécessaire | Éclairage frontal uniforme | Éclairage directionnel pour les ombres |
| Prix moyen en Suisse | CHF 500-3000 (photographie/dessin) | CHF 800-5000 (sculpture murale) |
En définitive, le choix dépend de votre volonté de créer une illusion d’espace (surface) ou d’affirmer une présence forte et sculpturale (volume). Dans les deux cas, l’œuvre doit être à la bonne échelle : ni trop grande pour ne pas écraser l’espace, ni trop petite pour ne pas paraître perdue.
L’erreur de placer une aquarelle face à une baie vitrée qui efface les couleurs en 2 ans
Vous avez trouvé la pièce parfaite. Une magnifique aquarelle d’un jeune artiste de la ZhdK. Vous l’imaginez déjà, baignée de la lumière de votre grand salon orienté plein sud. C’est l’erreur la plus commune et la plus tragique pour un collectionneur débutant. Les rayons ultraviolets (UV) sont l’ennemi invisible et implacable des œuvres sur papier, des photographies et de certaines peintures. Une exposition directe et prolongée à la lumière du soleil peut détruire les pigments et faire « passer » les couleurs de manière irréversible en quelques années seulement, voire quelques mois. Placer une œuvre fragile face à une baie vitrée, c’est la condamner.
La conservation préventive est un aspect fondamental de la collection que beaucoup négligent. Il ne s’agit pas d’enfermer ses œuvres dans le noir, mais de prendre des précautions simples. La première est de choisir le bon emplacement : un mur qui ne reçoit pas de lumière solaire directe, idéalement exposé au nord. Si ce n’est pas possible, la solution la plus efficace est d’investir dans un encadrement avec verre anti-UV. Ce type de verre, souvent appelé « verre de musée », peut filtrer jusqu’à 99% des rayons UV nocifs sans altérer la vision de l’œuvre.
Ce paragraphe introduit un concept technique essentiel : la protection contre les UV. L’illustration ci-dessous montre la technologie qui se cache derrière cette protection.

Comme le montre ce détail, une technologie invisible protège ce qui a de la valeur à vos yeux. Le coût supplémentaire d’un tel encadrement est minime par rapport à la perte de valeur, tant financière qu’émotionnelle, d’une œuvre endommagée. Pensez-y comme à une assurance pour la pérennité de votre collection. C’est un réflexe d’expert qui fera toute la différence sur le long terme.
Problème de casse : comment assurer vos objets d’art hors de l’assurance ménage standard ?
Un autre aspect souvent sous-estimé par le néo-collectionneur est l’assurance. On pense, à tort, que l’assurance ménage (ou inventaire du ménage en Suisse) couvre automatiquement les œuvres d’art. La réalité est plus complexe. La plupart des contrats standards prévoient des plafonds très bas pour les « objets de valeur » et appliquent des franchises importantes. En cas de dégât des eaux, d’incendie, de vol ou même d’un simple accident domestique (la fameuse casse lors d’un déménagement), vous risquez de n’être que très partiellement, voire pas du tout, indemnisé.
Dès que votre collection commence à prendre de la valeur – même une valeur sentimentale consolidée par quelques milliers de francs d’acquisitions – il devient indispensable de se tourner vers une assurance spécialisée. Ces contrats, proposés par des compagnies comme La Mobilière ou Helvetia en Suisse, sont conçus spécifiquement pour les œuvres d’art. Leur principal avantage est qu’ils couvrent les objets en « valeur agréée » (une valeur fixée d’un commun accord au moment de la souscription) et non en valeur vénale, qui peut être sujette à discussion après un sinistre. De plus, la couverture est souvent « clou à clou », c’est-à-dire qu’elle protège l’œuvre en permanence, qu’elle soit chez vous, en transport ou en prêt pour une exposition.
Les assureurs spécialisés offrent une couverture bien plus large que les contrats standards. Comme le précise par exemple Helvetia Assurances à propos de son produit dédié :
Artas, l’assurance d’œuvres d’art d’Helvetia, couvre financièrement vos œuvres d’art contre tous les risques possibles, de la détérioration à la destruction en passant par le vol et les dommages subis pendant le transport.
– Helvetia Assurances, Assurance d’œuvres d’art Helvetia
Ces assurances offrent une indemnisation à la valeur à neuf, valable non seulement à votre domicile mais partout dans le monde. C’est la tranquillité d’esprit indispensable pour faire grandir votre collection sereinement, en sachant que votre patrimoine est protégé contre les aléas de la vie.
Comment distinguer le vrai cuir marocain du synthétique importé en 3 secondes ?
Ce titre peut paraître surprenant dans un guide sur l’art suisse. Il s’agit en réalité d’une métaphore essentielle pour l’œil du collectionneur en herbe. Savoir distinguer le « vrai cuir » de l’imitation, c’est comme apprendre à différencier une œuvre d’art authentique, chargée d’intention et de matière, d’un simple objet décoratif produit en série. Dans un monde inondé d’images et d’objets « style art », comment aiguiser son regard pour repérer l’authenticité ?
Le premier « regard » est celui de la matière. Une véritable œuvre porte les traces de sa création. Approchez-vous. Observez la texture d’une peinture, les fibres d’un papier, les marques de l’outil sur une sculpture. Comme le cuir véritable qui a des imperfections, des variations de grain, une œuvre d’art n’est jamais parfaitement lisse, parfaitement uniforme. Elle respire. Une reproduction imprimée, même de haute qualité, aura une surface plate, sans âme. C’est le premier test, celui des sens.
Le deuxième « regard » est celui de la signature et de l’histoire. Une œuvre d’art n’est pas un objet anonyme. Elle est portée par un artiste. Renseignez-vous : qui est-il ? Quelle est sa démarche ? Une œuvre achetée dans une exposition de diplôme ou une petite galerie vient avec une histoire, une provenance. Un objet décoratif de grande surface n’a pas de passé, seulement un code-barres. Enfin, le troisième « regard » est celui de l’émotion. Une œuvre authentique vous parle. Elle vous questionne, vous dérange, vous apaise. Elle ne cherche pas à simplement « s’accorder » avec la couleur de votre canapé. Elle existe par elle-même. Si une pièce provoque cette connexion, vous tenez quelque chose de vrai.
Comment repérer les galeries qui cherchent à attirer un nouveau public jeune ?
Le monde des galeries n’est pas monolithique. À côté des institutions établies qui représentent des artistes confirmés, il existe tout un écosystème de lieux plus agiles, plus expérimentaux, et surtout plus accessibles. Ce sont ces espaces qui sont les plus intéressants pour un jeune collectionneur. Ils ne cherchent pas seulement des acheteurs, ils cherchent à construire une communauté et sont donc particulièrement accueillants pour un public curieux et moins fortuné. On peut les classer en trois catégories principales : la galerie commerciale classique, le « Project Space » et l’« Off-Space ».
Les « Project Spaces » sont souvent dirigés par des curateurs ou des artistes eux-mêmes. Leur modèle est plus flexible : ils présentent des expositions sur des durées plus courtes et mettent en avant des artistes très émergents, voire encore aux études. L’ambiance y est moins formelle et les prix beaucoup plus doux. Les « Off-Spaces », quant à eux, sont des lieux encore plus alternatifs, souvent situés dans des appartements, d’anciens ateliers ou des locaux temporaires. C’est le laboratoire de la scène artistique, là où se font les découvertes les plus audacieuses. Ces deux types de lieux sont vos meilleurs terrains de chasse.
Pour vous aider à vous y retrouver, ce tableau résume les caractéristiques et l’accessibilité de chaque type d’espace d’art en Suisse.
| Type d’espace | Caractéristiques | Accessibilité prix |
|---|---|---|
| Galerie commerciale | Artistes établis, prix parfois affichés | Variable (CHF 1000-50’000+) |
| Project Space | Expérimental, artistes émergents | Abordable (CHF 200-5000) |
| Off-Space | Très expérimental, découvertes | Très accessible (CHF 100-2000) |
Étude de cas : La vitalité des petites galeries genevoises
Genève, par exemple, regorge de petites galeries dynamiques et d’espaces d’art contemporain et « underground ». Leurs vernissages sont de véritables événements sociaux, souvent animés par de la musique live et des apéritifs, créant une atmosphère conviviale qui attire une foule diverse d’artistes, de musiciens et de curieux. L’entrée y est toujours gratuite, et c’est une excellente occasion de prendre le pouls de la création locale sans aucune pression d’achat.
À retenir
- L’achat d’art le plus intelligent pour un budget abordable se fait lors des expositions de diplômes des écoles d’art suisses.
- La valeur d’une œuvre dans votre intérieur dépend autant de l’œuvre elle-même que de sa mise en scène et de son dialogue avec l’espace (volume, surface, lumière).
- La conservation est essentielle : protégez vos œuvres de la lumière UV et souscrivez une assurance spécialisée pour éviter les mauvaises surprises.
- Les lieux les plus accessibles pour découvrir de nouveaux talents sont les « project spaces » et les « off-spaces », bien plus que les galeries commerciales traditionnelles.
Comment se faire inviter aux vernissages et avant-premières sans être VIP ?
Le mot « vernissage » peut évoquer des images de champagne et de conversations feutrées entre initiés. En réalité, surtout dans le milieu de l’art émergent, c’est tout le contraire. Les vernissages sont des moments d’ouverture, de rencontre et de célébration. Et la meilleure nouvelle est que, dans 99% des cas, vous n’avez besoin d’aucune invitation ! Les galeries, et en particulier les « project spaces », ont tout intérêt à ce que le plus de monde possible vienne voir l’exposition. Leur but est de donner de la visibilité à l’artiste.
La démarche est simple : suivez les galeries et les espaces d’art qui vous intéressent sur les réseaux sociaux (Instagram est le roi dans ce domaine) et abonnez-vous à leurs newsletters. Toutes les informations sur les prochains vernissages y seront annoncées, et l’entrée est quasiment toujours libre et gratuite. Se présenter est la seule chose à faire. N’ayez pas peur de ne connaître personne. C’est l’occasion parfaite pour observer, écouter, et si le cœur vous en dit, échanger quelques mots avec l’artiste, souvent présent et accessible. C’est une immersion directe et sans filtre dans la scène artistique.
Cette accessibilité est également financière. L’un des mythes les plus tenaces est que l’art est cher. S’il est vrai que les œuvres d’artistes établis atteignent des sommets, le marché de l’art émergent est une tout autre histoire. Comme le soulignent les plateformes spécialisées, le marché est accessible à toutes les bourses, surtout lorsqu’on s’intéresse aux jeunes créateurs. Un vernissage est le moment idéal pour découvrir des œuvres originales, des dessins, des photographies ou de petites éditions dont le prix peut démarrer à quelques centaines de francs.
Le plus grand pas est souvent le premier. En osant pousser la porte de ces lieux de création, vous ne ferez pas qu’acquérir des objets, vous démarrerez un dialogue avec l’art contemporain suisse. Pour passer à l’action, l’étape suivante consiste à repérer dès maintenant les prochaines expositions de diplômes ou les vernissages des « project spaces » près de chez vous.
Questions fréquentes sur la conservation d’œuvres d’art
Les appartements Minergie protègent-ils automatiquement les œuvres ?
Non, les baies vitrées Minergie, bien que très performantes sur le plan énergétique, ne filtrent pas suffisamment les UV pour protéger des œuvres d’art fragiles. Leur objectif est l’isolation thermique, pas la filtration des rayons nocifs. L’ajout de films anti-UV sur les vitrages existants, en respectant les régulations de la PPE, est une solution recommandée pour les appartements modernes très vitrés.
Quels murs sont les plus sûrs pour les œuvres fragiles ?
De manière générale, les murs qui ne reçoivent jamais de lumière directe du soleil sont les plus sûrs. En Suisse, cela correspond typiquement aux murs orientés au nord, qui bénéficient d’une lumière constante et froide, idéale pour la conservation. Les murs orientés au sud et à l’ouest sont les plus dangereux, car ils reçoivent la lumière la plus intense et la plus chaude de la journée, accélérant la dégradation des pigments.