“  J’aimerais que mes enfants prônent les valeurs de vie telles que la politesse et la modestie  ”

 

Rencontrer Alain Prost, célèbre coureur de formule 1, est une chance! L’homme est authentique et passionné. A différentes reprises, il s’est prêté avec gentillesse et simplicité au jeu de l’interview, que ce soit à travers une émission de télévision ou lors de rubriques originales pour les quotidiens 24 Heures ou Le Matin.

Il s’est installé il y a un peu plus de trente ans en Suisse. Tout d’abord à Sainte-Croix puis dans une maison à Yens-sur-Morges. Depuis quelques années, il vit au cœur de la ville historique de Nyon où son épouse Anne-Marie nous a reçus à différentes reprises.

C’est en 2008 que Nicolas Prost, le fils aîné du quadruple champion du monde s’est laissé embraser par la passion de son père.

Alain Prost, parle de sa fierté quant au parcours de son fils. « Je suis fier comme n’importe quel père mais je suis fier de ce qu’il fait !» Le plus important pour Alain Prost c’est que son fils soit heureux. Il se félicite de lui avoir transmis la valeur des choses et le goût du travail et il aimerait qu’il prône les valeurs de vie telles que la politesse et la modestie.

A travers son fils, nous découvrons le père

Nicolas Prost, fils du célèbre champion, est aujourd’hui professionnel depuis 9 ans. Il vit avec autant d’intensité sa carrière que sa vie de famille. «Quel genre de papa était-il ? » « Mon père était très papa poule. Et quand il était à la maison, il ne faisait pas acte de présence, il était réellement présent ! Il s’occupait de moi, venait me chercher à l’école, m’accompagnait au sport, m’encourageait.  L’intensité de nos échanges, malgré ses nombreux déplacements, me permettait de ne pas être en manque. »

Mais ce n’est pas directement que la passionde la compétition lui a été transmise. Alain Prost lui a surtout insufflé l’esprit de compétition et de l’effort. Dans le sport, Nicolas était impliqué dans le foot, le golf et le ski. Son père n’a jamais émis un désir quelconque de le pousser dans la course automobile. La peur d’un accident pour son fils ?

Nicolas Prost a été victime d’un sérieux accident en Chine, en septembre 2014. «Non, je n’ai pas eu peur. C’était une collision. Le pilote allemand Nick Heidfeld est monté sur ma voiture avant le dernier virage. C’est surtout pour lui que j’ai eu peur ! » Ces peurs, il a dû les connaître pour son père lorsqu’il était enfant. Il avoue ne pas avoir tremblé pour lui. Il n’a pas pris conscience du danger. Il était trop petit. Son père a arrêté la compétition lorsque Nicolas avait 10 ans. Les chats ne font pas des chiens. Nicolas a certainement hérité des qualités de son père. « J’ai, comme lui, le goût du travail ! Et la détermination. Je persévère et je vais au bout des choses. Je suis persévérant. Mon père a de très fortes valeurs de famille, il aime que l’on soit tous réunis.  Après il m’a vraiment inculqué la valeur des choses. C’était sa volonté, mais aussi celle de ma mère. Les deux sont issus de familles d’immigrés. Mes grands-parents ont dû beaucoup travailler pour s’en sortir. Le goût du travail est inscrit dans l’esprit de notre famille. On sait que rien n’est gagné, jamais acquis.» Cette sagesse-là devrait s’inscrire dans le cœur et l’esprit de chacun de nous.