Responsable des terrariums, Michel Ansermet est un homme perfectionniste, particulièrement quand il s’agit de ses reptiles.

 

On vous connait comme directeur du Vivarium de Lausanne mais vous avez aussi été un sportif olympique. Racontez-nous ce drôle de parcours…

Depuis tout petit, j’ai deux passions : le sport et les reptiles. À partir de 7 ans, j’avais déjà une collection d’araignées et de scorpions ! Côté sportif, je jouais au football à assez haut niveau et au hockey. Malheureusement pour moi, une blessure au genou a tout remis en question. J’ai alors décidé de suivre les traces de mon père, ancien champion du monde de pistolet gros calibre, et j’ai commencé le tir olympique. À force de travail et de perfectionnisme, j’ai intégré l’équipe nationale. J’ai eu la chance de pouvoir représenter mon pays pendant une quinzaine d’années et participer à quatre Jeux Olympiques. La consécration fut évidemment ma médaille d’argent aux jeux de Sydney. Le sentiment que j’ai ressenti était indescriptible! Il faut le vivre pour le comprendre.

Par la suite, j’ai officié au sein de la sélection en tant que directeur sportif jusqu’en 2008. Je suis alors parti voyager en Asie au profit de la Croix Rouge et la recherche d’anti-venins. J’ai continué mes aventures comme bénévole photographe pour le World Food Programme. Mon travail était d’immortaliser la détresse des réfugiés dans des camps somaliens, soudanais ou kenyans. Une expérience vraiment bouleversante mais enrichissante.

À cette époque, je travaillais également pour Jean Garzoni, directeur du Vivarium de Lausanne. En tant qu’intermédiaire entre lui et la ville de Lausanne, mon objectif était de trouver des solutions aux problèmes de la détention et gestion. Neuf mois plus tard, je me suis vu proposer de reprendre le Vivarium avec un nouveau conseil de fondation. Je me souviens bien de cette époque. Dû à ce nouveau poste, j’avais participer à ma première conférence de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums et ça a changé ma vie ! J’ai découvert les principes de la zoologie moderne, les exigences de détention, les échanges scientifiques, les engagements pour la sauvegarde etc… C’est tout de suite devenu une obsession.

Comment s’est déroulée votre intégration au sein d’Aquatis ?

Les premiers contacts ont eu lieu en 2013 lorsque le Vivarium de Lausanne était en dépôt de bilan. Le conseil de fondation, Aquatis et le Canton de Vaud ont alors organisé la reprise des animaux et de l’équipe. Je pense que cette reprise a été une fantastique opportunité pour le projet en général.

Pourquoi ce projet est-il unique ?

Ce que ce projet a de spécial, c’est qu’on ne sait pas ce que c’est ! Ça n’a jamais existé ! C’est une attraction ludique, un centre pédagogique et d’apprentissage, un espace scientifique et surtout une arche dédiée à la préservation d’espèces en danger.

Quelle est votre vision pour le futur ?

Vu l’impressionnant nombre de compétences, je pense qu’il y un potentiel de développement énorme. Nous avons encore pleins d’actions supplémentaire de préservation et de recherche possibles à mettre en place. Vous n’avez pas fini d’entendre parler d’Aquatis ! (rires)