Responsable aquariologique, Frédéric Pitaval est également le pionnier sans qui Aquatis ne serait jamais né !

 

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de l’incroyable aventure Aquatis ?

Tout a commencé pendant mes études d’ingénierie aquacole en 1999. À cette époque, deux amis étudiants, Grégory Raymond, Morgane Labous et moi, travaillions en parallèle à l’écosite de Thau près de Montpellier. Animés par notre passion, nous rêvions alors de créer un paradis de l’eau douce où seraient mêlées conservation d’espèces en danger, recherche et sensibilisation.

Une fois mon diplôme en poche, j’ai rapidement trouvé un emploi à la pisciculture du Bouveret. Mais je n’avais pas perdu notre rêve de vue, loin de là ! J’ai donc décidé de prendre mon bâton de pèlerin et suis parti à la rencontre des villes de Lausanne et Vevey pour présenter notre projet. À ma grande surprise, mes rencontres avec les autorités des deux communes se sont extrêmement bien passées. Loin des complexités de l’administration française, j’ai rencontré des gens ouverts et visionnaires. J’ai donc continué sur ma lancée en rencontrant Michel Etter, directeur de Thematis, afin d’élaborer un dossier de faisabilité. En parallèle, nous avons fondé en juillet 2002 notre société dédiée à ce projet fou : AquaEcopole Concept Sàrl.

J’ai également continué mes contacts réguliers avec la ville de Lausanne et ai finalement rencontré le syndic, Daniel Brélaz, en 2003. Pour lui, seule la parcelle sur le futur parking de Vennes était viable. Les choses sérieuses ont alors commencé. Nous nous sommes alliés avec de nombreuses entreprises reconnues comme Richter & Dahl Rochat, Grisoni Zaugg, H. Schumacher SA, Daniel Willi SA ou Ingeni et avons travaillé tous ensemble d’arrache-pied afin de remporter la mise au concours de la parcelle. Finalement, le 23 décembre 2005, j’ai reçu le plus beau des cadeaux de Noël : nous avions gagné ! Pendant les années qui ont suivi, nous avons continué à œuvrer sur le projet et avons également créé la société d’exploitation Aquatis SA et la Fondation Aquatis.

Nous étions alors en 2008 et nous nous apprêtions à subir notre plus grand coup d’arrêt. La crise économique frappait et notre banque nous a lâchés. Pendant plus d’un an, j’ai cherché de nouveaux investisseurs, sans succès. Le salut est alors venu par ma rencontre avec Bernard Russi. Amateur d’aquariologie, ce dernier a très vite été séduit et est devenu actionnaire majoritaire d’Aquatis SA. La suite de l’histoire, nous la connaissons tous…

Quelle épopée… Après 17 ans d’efforts et de sacrifices, vous devez être aux anges…

Oh que oui ! J’aime comparer cette aventure à celle de la parentalité. J’ai connu la gestation, le développement, les crises et finalement le bébé est devenu majeur et s’apprête à voler de ses propres ailes.

Comment comptez-vous séduire le grand public et rayonner ?

Nous sommes dans une époque où les gens se rendent compte de l’importance de l’eau douce. C’est un bien qu’on doit se partager et protéger. Avec Aquatis, notre objectif est justement de fournir un outil de référence pour aller dans ce sens. Nous voulons émerveiller, surprendre et apprendre.

Quel est votre vision pour le futur ?

Je vous ai parlé du grand public mais nous voulons également nous positionner comme un pôle de reconnaissance des eaux douces. Aquatis sera, via sa Fondation, un lien entre les institutions, les scientifiques et la population.