‘‘ Le plus grand aquarium
d’eau douce d’europe ! ”

“ Plus qu’un aquarium ou un vivarium, AQUATIS est une découverte des milieux d’eau douce les plus fascinants de notre planète ! “

 

Bien que cet aquarium-terrarium se trouve à Lausanne, il convie à un exceptionnel périple sur les cinq continents grâce à une scénographie à la fois inédite et magnifique. Visite guidée avec son auteur.

Le voyage débute le long du Rhône, fleuve que l’on suit de sa source, dans les glaciers, jusqu’à son arrivée dans la mer, là où se forme son delta. C’est toute l’épopée d’un long fleuve, pas si tranquille que cela, qui nous est contée dans la première partie d’Aquatis. Et de quelle manière… On est vite captivé par les animaux vivants et la scénographie, extrêmement sophistiquée. « Pour la première fois, le visiteur est intégré dans le milieu dans lequel il passe et ne se limite pas le traverser, explique Frédéric Ravatin, scénographe d’Aquatis, à qui l’on doit notamment la réplique de la grotte Chauvet. Rien de pareil n’existe ailleurs, c’est vraiment un nouveau référentiel. Les dix paysages reconstitués dans lesquels on évolue s’expriment grâce à des informations audio-visuelles (de 3 à 5 minutes à chaque fois, en plusieurs langues) projetées numériquement. On a littéralement l’impression qu’elles sortent des murs. La projection joue d’ailleurs un rôle central dans ce concept, car elle est aussi utilisée pour donner du relief au décor préexistant. Les objets acquièrent ainsi une existence qui leur est propre, devenant presque aussi animés que les animaux et les plantes avec lesquels ils partagent les lieux. C’est certainement ma réalisation la plus aboutie ». Exit donc la lecture sur écran et les lumières architecturales ! Et grâce à ce processus complexe, qui joue aussi avec les reflets de nombreux miroirs, les randonneurs-visiteurs se retrouvent parfois même sous l’eau, notamment quand ils croisent la route d’un spinosaure motorisé. Ce dinosaure est ici en pleine plongée dans une fosse volcanique sous-marine où coule de la lave et où tournoie une multitude de poissons virtuels. C’est là aussi que le parcours, qui se déroule sur près de 500 mètres, nous conduit à l’étage.

De la savane aux rizières

Autre niveau, autre ambiance, puisque l’on remonte l’échelle du temps de quelques millions d’années afin d’explorer les plus grandes régions du monde, avec comme point de départ le Cervin. Notre symbole national, qui résulte de la rencontre des plaques africaine et européenne, est là pour témoigner de la dérive des continents, et assure la transition vers l’Afrique et son grand rift, cette série de failles qui est en train de séparer les terres de ce continent. Une région où l’on trouve trois lacs singuliers, dont le milieu a été reproduit pour accueillir les poissons endémiques qui y vivent: le Kivu, qui a piégé beaucoup de méthane, le Natron, un lac composé de cendres volcaniques dont le pH est basique, comme le savon, et le très profond Tanganyika. « Là, les visiteurs traversent le plateau africain, où ils croisent divers animaux emblématiques de cette faune, comme des girafes ou des éléphants », raconte Frédéric Ravatin. Puis, après une courte escale en Namibie, direction le lac Niger, qui a pour particularité d’avoir un delta intérieur.

Le moment vient alors de basculer en Asie, au milieu des rizières. « Nous avons construit une grande maquette de 15m2, qui se trouve suspendue au plafond et est reflétée au sol par un système de miroirs, détaille le spécialiste. C’est un truc de dingue, car on a même les reflets du soleil ! » Un continent bien évidemment parcouru par le Mékong, avec qui on a rendez-vous. « Au Cambodge, il existe un phénomène naturel incroyable », poursuit le scénographe français. « Au moment de la saison des pluies, le lac Tonlé Sap se remplit d’eau, pour ensuite alimenter les affluents du Mékong, et un peu le fleuve lui-même, durant la saison sèche. Près de 80% des espèces de poissons qui y résident sont migratrices. De fait, on peut voir dans ce lac une sorte de grand nid aquatique. »

Entre l’Océanie et l’Amazonie, il n’y a que quelques pas …

Par la suite, on traverse une mangrove, qui est importante pour la préservation des côtes et permet de lutter contre la violence des cyclones, avant de jeter l’ancre en Océanie, où nous attend notamment un dragon de Komodo. On baigne ici dans un univers d’îles paradisiaques, dominé par le bleu de l’océan et les forêts verdoyantes. « J’ai essayé de placer le visiteur dans un état de ravissement en le mettant dans la peau d’un explorateur du XVIIIe siècle, entouré de papillons et de perroquets «. On tombe bientôt sur une curieuse caverne, dont le rôle est de présenter la beauté de la planète et des éléments naturels, comme l’Antarctique, l’Amazonie, etc. «C’est un espace qui se présente sous la forme d’un cinéma aux confins du planétarium, dans le sens où l’image est tout autour du public », souligne Frédéric Ravatin. « Que ce soit sous ses pieds, sur les murs ou au plafond. » On glisse finalement dans une serre qui, contrairement aux autres endroits, se trouve en pleine lumière. Là nous attend un morceau d’Amazonie. « On y retrouve un explorateur installé dans un arbre, précise notre interlocuteur passionné. Il nous raconte comment cette forêt est capable de commander les averses de pluie. C’est cela la vraie conclusion d’Aquatis: la nature possède une dimension mystérieuse liée à une intelligence développée durant des millions d’années. Il faut la respecter ». Fin du voyage, début de la réflexion !